Un espoir pour les myopathes
Des chercheurs de l'Institut Pasteur de Paris, associés au CNRS, ont réussi à obtenir une régénération des fibres musculaires de souris atteintes d'une certaine forme de myopathie. Ce, grâce à l'isolement de cellules souches musculaires adultes, ayant la capacité de régénération des tissus...
L'équipe de chercheurs, dirigée par Didier Montarras
(Unité de génétique moléculaire du développement, Institut Pasteur-CNRS), est parvenue à régénérer des muscles atrophiés de souris, de façon beaucoup plus convaincante qu'auparavant. Ce grâce à une technique qu'ils ont mis au point et qui permet de marquer les cellules souches musculaires adultes, jusqu'à présent très difficiles à identifier, et donc à isoler. Ces travaux offrent des perspectives d'utilisation pour la thérapie des maladies musculaires, et représentent ainsi un espoir pour les malades atteints de certaines myopathies...
Les biologistes ont choisi de mener leurs travaux sur des cellules souches musculaires adultes, et non des cellules embryonnaires comme le font la plupart de leurs collègues
(si la législation le permet). Les premières, découvertes par un groupe de l'Institut de cellules souches de l'université du Minnesota
(USA), étaient controversées. En effet, les chercheurs américains avaient conclu qu'elles avaient des propriétés équivalentes aux cellules d'origine embryonnaire, mais leurs travaux n'avaient jamais pu être véritablement reproduits.
En raison de leur très faible quantité chez l'adulte et de l'absence de marqueurs spécifiques connus, les cellules souches musculaires adultes sont difficiles à isoler. Mais les chercheurs français ont mis au point une technique qui permet justement d'isoler ces cellules adultes, en les "marquant" avec une protéine fluorescente.
Une fois identifiées, triées et isolées, ces cellules ont été greffées dans des muscles de souris spécialement créées pour ces recherches, et porteuses d'une maladie proche de la myopathie humaine. Les cellules souches se sont mises à régénérer les fibres musculaires abîmées à un rythme impressionnant. Seulement 20 000 cellules ainsi sélectionnées ont en effet été nécessaires pour provoquer une reconstitution des muscles, là où environ un million de cellules musculaires précurseurs étaient indispensables auparavant, pour des résultats moins bons ou tout juste équivalents... De plus, les cellules se sont multipliées et ont donné de nouvelles cellules productrices de cellules musculaires. Pour les chercheurs, la grande capacité régénératrice de ces cellules est due à leur quasi-état natif au moment de la greffe, ce qui leur confère une bonne aptitude à la colonisation du muscle greffé.
Effectués chez la souris, ces travaux vont maintenant pouvoir être étendus à d'autres animaux et si possible, à terme, à des modèles cliniques. Les résultats obtenus sont en tout cas très probants, car ils apportent des connaissances essentielles à l'utilisation de la thérapie cellulaire dans le traitement de maladies musculaires de type myopathies, qui provoquent une dégénérescence et une atrophie des muscles.